Manuel Aeschlimann : le contre-coup du coup de la secousse Mayetic
Le Monde, version Internet, a publié un article traitant en partie de l’affaire Mayetic. Comme le relèvent justement les ex-dirigeants de Mayetic, Bruno de Beauregard et Miguel Membrado, c’est pourtant Le Monde qui est à l’origine de la diffamation de Mayetic qui aurait entraîné la liquidation de la société. Curieux revirement donc, sauf à considérer, comme le fait Bruno de Beauregard dans son dernier billet, que le vent est en train de tourner…
En effet, la récente relaxe de Christophe Grébert et de son blog « MonPuteaux.com » semble avoir jeté un sacré pavé dans la mare de la presse dite traditionnelle. Les citoyens que nous sommes cherchent depuis longtemps à faire entendre leur voix, à ramener les organes classiques de diffusion de l’information mais aussi les dirigeants politiques à plus de réalisme tandis qu’ils se coupaient toujours plus des réalités de la vie quotidienne. Voilà que ceux-ci semblent avoir enfin compris une infime parcelle du pouvoir que constituent les réseaux d’information libre. Pourtant ce sont bien eux qui avaient jusqu’alors pratiqué ce type de fonctionnement.
En effet, les circuits traditionnels de la Presse ont toujours été constitués de réseaux. Les journalistes travaillent à partir de sources, tant pour l’information à caractère factuel que politique, étant donné qu’ils ne peuvent évidemment pas être partout. Comment considérer alors ce qui se passe au vu des développements de l’affaire Mayetic ? La réponse est tout aussi évidente qu’inaccessible pour ces circuits : le verrouillage de l’information et de ses réseaux.
La presse traditionnelle a réduit ses effectifs et s’est dangereusement rapprochée des organes politiques. Ce qui faisait sa force était sa diversité, son imbrication dans la société civile et la divergence de points de vue constituait non pas de la cacophonie mais reflétait la société. La concentration des organes de presse a participé du même phénomène que la concentration des partis politiques. À trop vouloir être forts, ils se sont décrochés de la réalité. Leurs réseaux sont devenus des boucles fermées sur leur environnement, les mêmes journalistes parlent aux mêmes politiciens qui ne parlent eux-mêmes qu’aux mêmes journalistes.
Ce que n’ont pas compris les acteurs de ces phénomènes c’est que leurs réseaux ainsi se refermaient et contrairement à leur apparente puissance, s’appauvrissaient. Les citoyens, non assujettis à ce régime imposé, ont quant à eux profité de l’espace de liberté que leur offrait la Toile. La liberté d’associer les sources, de regrouper des informations et d’en discuter leur a permis de rassembler les électrons libres autour du noyau atomique qui est leur credo : non pas l’exercice du pouvoir mais la limitation nécessaire de ceux qui le détiennent et qui le croient absolu. Le cas Aeschlimann en est le parfait exemple.
Pourquoi cela a-t-il été possible ? La différence entre les deux réseaux c’est que, alors que les réseaux officiels se referment et rétrécissent, les réseaux citoyens sont libres et ouverts, tout simplement. Ils ne sont pas atomiques et ne gravitent pas autour des mêmes sources.
Manuel Aeschlimann sera probablement la « victime » de la vérité qu’il a cherché à influencer et c’est tant mieux. Le Monde avoue ainsi de cette façon son incompétence quant au traitement équitable de l’information et les citoyens libres et dotés de leur exigence de vérité ne s’en porteront que mieux. C’est cela l’ouverture d’esprit et la transparence et, tant que les réseaux traditionnels continueront à se refermer, les nôtres s’ouvriront. Manuel Aeschlimann était le bienvenu pour expliquer ses comportements et attitudes, il n’en a rien fait et c’est tant pis pour lui. Il s’est lui-même condamné aux yeux de l’opinion.
Alea jacta est.